Tristesse, douleur,
souffrance - est un sentiment comprenant souvent une mélancolie
accompagnée d'un envoûtement par rapport à des souvenirs souvent
liés aux lieux de l'enfance qu'on évoque à travers une jouissance
qui est douloureuse.
André Bolzinger a retracé
l'histoire de ce concept créé en 1688 par Johannes Hofer, un
médecin alsacien de 19 ans, qui lui consacra une thèse secondaire à
l'université de Bâle. La nostalgie est la formulation scientifique
du Heimweh, le mal du pays des mercenaires suisses de
l'armée de LouisXIV, torturés par le souvenir de la Heimat en
entendant le Ranz des Vaches, un air de leur pays. Cette
thèse a connu un grand retentissement. Durant la Révolution
française, Pierre-François Percy, chirurgien dans l'armée
républicaine, relève les mêmes symptômes chez les
Bas-Bretons.
La plupart du temps, ce
sentiment exprime le regret de temps passés, de lieux disparus,
auxquels on associe a posteriori des sensations agréables.
Ce manque est souvent provoqué par la perte ou le rappel d'un de
ces éléments passés, les deux éléments les plus fréquents étant
l'éloignement spatial et le vieillissement qui représente un
éloignement temporel. On a pu diagnostiquer dans la nostalgie sous
toutes ses formes le regret de l'enfance.
Pouvant être cause de
dépression, la nostalgie est aujourd'hui de plus en plus prise en
compte d'un point de vue médical.
La nostalgie peut être
caractérisée par plusieurs thèmes : « le bon vieux temps », ou bien encore
« la belle époque ». La
nostalgie évoque toujours un sentiment qui prétend que le passé
était toujours mieux, plus agréable. Dans beaucoup de cas,
« la belle époque » n'était
pas toujours si belle.
Fantaisie
Il est un air pour qui je
donnerais
Tout Rossini, tout
Mozart et tout Weber,
Un air très vieux,
languissant et funèbre,
Qui pour moi seul a
des charmes secrets.
Or, chaque fois que je viens à
l’entendre,
De deux cents ans
mon âme rajeunit :
C’est sous
Louis treize ; et je crois voir s’étendre
Un coteau vert, que
le couchant jaunit,
Puis un château de brique à
coins de pierre,
Aux vitraux teints
de rougeâtres couleurs,
Ceint de grands
parcs, avec une rivière
Baignant ses pieds,
qui coule entre des fleurs ;
Puis une dame, à sa haute
fenêtre,
Blonde aux yeux
noirs, en ses habits anciens,
Que, dans une autre
existence peut-être,
J’ai déjà
vue… - et dont je me souviens !
Gérard de Nerval
PeTiTe DéDiCaCe à MaRCeL http://wirtzmarcel.musicblog.fr/
BioBiSouS, NiNa
source internet